60éme anniversaire de la publication du journal intime de Anne Frank

. 25 juin 2007
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Le 25 juin 1947, deux ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, fût publié la première version du journal de Anne Frank, l'adolescente juive assassinée par les nazis quelques semaines avant la fin des combats, à l'initiative de son père, Otto Frank, seul survivant des huit membres du groupe caché dans l'annexe d'un bâtiment de bureaux du Prinsengracht, un canal à l'ouest d'Amsterdam. Où ils ont tous vécus dans la clandestinité entre le 9 juillet 1942 et le 4 août 1944, jusqu'à leur arrestation et déportation postérieure à des camps de concentration nazis suite à l’indication d'un informateur qui n'a jamais été identifié.

Anne fût envoyée en premier lieu à Auschwitz et, plus tard, à Bergen-Belsen, lieu ou elle trouva la mort suite a une typhoïde au début du mois de Mars 1945, quelques jours avant que le camp de concentration ne soit libéré par les forces alliées.

Le journal d'Anne débute avec l'expression privée de ses pensées, elle y écrit plusieurs fois qu'elle n'autoriserait jamais personne à le lire. Elle y décrit sa vie de manière franche, les membres de sa famille et ses compagnons, leur situation...tout en commençant à reconnaître ces ambitions d'écrivain et sa volonté de publier dans le futur ces oeuvres de fiction. Au printemps 1944, suite à l'émission de Radio de la BBC au cours de laquelle elle entendit le ministre de l'éducation du gouvernement néerlandais en exil dire que lorsque la guerre serait terminée, il rendrait public les témoignages de l'oppression du peuple néerlandais sous l'occupation allemande, elle commença à corriger ses écrits, supprimant des sections, en réécrivant d'autres, dans le but de les publier.

Son journal original fut agrémenté de plusieurs autres carnets de notes et feuilles volantes. Elle créa des pseudonymes pour les membres de l'Annexe et les personnes qui les avaient aidés. La famille van Pels devint Hermann, Petronella, et Peter van Daan, et Fritz Pfeffer devint Albert Düssell.

Otto Frank utilisa son journal original, connu sous le nom de "version A", et la version corrigée, connue sous le nom de "version B", pour produire la première publication du journal. Il supprima certains passages, principalement ceux parlant de sa femme dans des termes peu flatteurs, ainsi que des sections décrivant l'évolution de la sexualité d'Anne. Bien qu'il ait restauré les identités véritables des membres de sa famille, il ne modifia pas les autres pseudonymes.

Les récits de cette jeune adolescente de 13 ans ont longtemps était considérés comme l'un des témoignages les plus précis de la guerre et de ces atrocités, faisant d'elle un symbole de liberté et de tolérance...

Site officiel de la maison de Anne Frank
Anne Frank center
Fondation Anne Frank

Extrait du journal d'Anne Frank


"Samedi 20 juin 1942

C'est une sensation très étrange, pour quelqu'un dans mon genre, d'écrire un journal. Non seulement je n'ai jamais écrit, mais il me semble que plus tard, ni moi ni personne ne s'intéressera aux confidences d'une écolière de treize ans. Mais à vrai dire, cela n'a pas d'importance, j'ai envie d'écrire et bien plus encore de dire vraiment ce que j'ai sur le coeur une bonne fois pour toutes à propos d'un tas de choses. Le papier a plus de patience que les gens : ce dicton m'est venu à l'esprit par un de ces jours de légère mélancolie où je m'ennuyais, la tête dans les mains, en me demandant dans mon apathie s'il fallait sor­tir ou rester à la maison et où, au bout du compte, Je restais plantée là à me morfondre. Oui, c'est vrai, le papier a de la patience, et comme je n'ai pas l'intention de jamais faire lire à qui que ce soit ce cahier cartonné paré du titre pompeux de « Journal », à moins de rencontrer une fois dans ma vie un ami ou une amie qui devienne l'ami ou l'amie avec un grand A, personne n'y verra probablement d'inconvénient.

Me voici arrivée à la constatation d'où est partie cette idée de journal ; je n'ai pas d'amie (…)

A partir de mai 1940, c'en était fini du bon temps, d'abord la guerre, la capitulation, l'entrée des Allemands, et nos misères, à nous les juifs, ont commencé. Les lois antijuives se sont succédé sans interruption et notre liberté de mouvement fut de plus en plus restreinte. Les juifs doivent porter l'étoile jaune ; les juifs doivent rendre leurs vélos, les juifs n'ont pas le droit de prendre le tram ; les juifs n'ont pas le droit de circuler en autobus, ni même dans une voiture particulière ; les juifs ne peuvent faire leurs courses que de trois heures à cinq heures, les juifs ne peuvent aller que chez un coiffeur juif ‑ les juifs n'ont pas le droit de sortir dans la rue de huit heures du soir à six heures du matin ; les juifs, n'ont pas le droit de fréquenter les théâtres, les cinémas et autres lieux de divertissement ; les juifs n'ont pas le droit d'aller à la piscine, ou de jouer au tennis, au hockey ou à d'autres sports ; les juifs n'ont pas le droit de faire de l'aviron ; les juifs ne peuvent pratiquer aucune sorte de sport en public. Les juifs n'ont plus le droit de se tenir dans un jardin chez eux ou chez des amis après huit heures du soir ; les juifs n'ont pas le droit d'entrer chez des chrétiens ; les juifs doivent fréquenter des écoles juives, et ainsi de suite, voilà comment nous vivotions et il nous était interdit de faire ceci ou de faire cela. Jacques me disait toujours : « Je n'ose plus rien faire, j'ai peur que ce soit interdit.

Dans l'été de 1941, grand‑mère est tombée gravement malade, il a fallu l'opérer, et on a un peu oublié mon anniversaire. Comme d'ailleurs dans l'été de 1940, parce que la guerre venait de se terminer aux Pays‑Bas. Grand-mère est morte en janvier 1942. Personne ne sait à quel point moi, je pense à elle et comme je l'aime encore. Cette année, en 1942, on a voulu rattraper le temps perdu en fêtant mon anniversaire et la petite bougie de grand‑mère était allumée près de nous.

Pour nous quatre, tout va bien pour le moment, et j'en suis arrivée ainsi à la date d'aujourd'hui, celle de l'inauguration solennelle de mon journal, 20 juin 1942."

Anne Frank

5 commentaires:

Zaz a dit…

Merci Mehdi d'avoir marqué cet évènement important.
Je me souviens d'avoir découvert Anne Franck un soir, peu après mon anniversaire, dans un des 24 tomes de "Ma première encyclopédie" (Disney). J'avais 6 ans. Je me souviens de la photo en noir et blanc, et de ma mère qui m'expliquait qui était Anne Franck, et les horreurs qui lui avaient été infligées du seul fait de sa religion. Je me souviens que c'était la première fois que quelqu'un me parlait de la guerre. Je me souviens avoir beaucoup pleuré là bas, dans les bras de maman.

Larbi a dit…

agréablement surpris par ce billet... c'est vrai qu'on pas l'habitude de parler de ce genre de sujet et d'écrits.
Je ne sais pas si tu connais une belle et poignante chanson de JJ Goldmann « comme toi » elle rappelle tristement le destin de Anne Frank.

Mehdikan a dit…

@ zaz
De rien ma chérie, j'ai pensé que ce serait bien de se rappeller de ceux qui ont eu un regard différent sur la guerre, je suis tombé sur son bouquin quand j'avais 15 ans dans la bibliothèque du boulot de ma mère ou j'avais l'habitude d'aller faire un "zapping" de lecture :-)))) et je me rappelle l'avoir lu en très peu de temps, j'avoue que j'étais très impressionné par la simplicité de l'écriture de cette jeune fille, chose compréhensible vu son âge mais ce qui m'a le plus surpris c'est sa remarquable capacité a décrire tous ce qui l'entourer avec un style simpliste mais convainquant réussissant a t'introduire dans son monde d'une manière élégante.
mais malheureusement son message reste pratiquement sans importance car son propre peuple est devenu ce qu'il est maintenant mais j'espère qu'on pourra en tirer plus profit nous peuple arabe, musulman, marocain...
@ larbi
Ravi que tu soit agréablement surpris, je suis tt a fait d'accord avec toi pour la chanson en plein dans le mille je n'y avais même pas pensé merci :-))))

pofpof a dit…

waha ssalamo 3alaykom

une histoire triste ....iwa llah irhamha
si ma mémoire est bonne ( je en doute fort:)!!!) je pense avoir déjà vu un film fait sur sa vie... est vrai toi le spécialiste d'anna frank

Mehdikan a dit…

@ pofpof
effectivement il y'a un film sur sa vie datant de 1959 de george stevens voici un lien pour si tu veux en savoir plus sur ce film
http://www.abc-lefrance.com/fiches/JournaldAnneFrank.pdf

bonne journée